Archives de Catégorie: Artisanat

22 Avril 2011 : le sisal

Sur la route de Fianarantsoa (nous y retournons pour prendre demain le train de Manakara), un « étal » attire notre attention.

Il s’agit de cordages de sisal, l’occasion de voir de près ce que c’est.

Comment une plante comme l’agave peut elle donner ces fibres ?
Voici 2 photos d’une jeune fille qui a la gentillesse de nous montrer comment elle fait pour extraire les fibres de la feuille en la raclant


puis comment elle tresse ces fibres très solides

en s’aidant aussi de ses pieds !

Les cordages de ce type sont bien utilisés car très solides. Et ces « tresses servent aussi à fabriquer des objets comme ici un hamac,

des chaussures, des tapis, ou le sac orange et chocolat (teintes naturelles) que j’ai acheté 2000 Ar !
A propos des teintes naturelles utilisées, tant pour le sisal que pour la soie sauvage, :

  • les feuilles de l’indigotier fournissent le bleu
  • l’écorce de nato fournit le rouge
  • le tanin de plusieurs palétuviers donne différents bruns.
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22 Avril 2011 : le papier Antemoro à Ambalavao

L’atelier de fabrication de papier Antemoro

L’atelier est dans la même « cour » que l’hôtel des Bougainvillées. En fait atelier et hotel ont la même entrée et l’atelier est autour d’une cour derriere l’hotel

  • Un peu d’histoire
  • Comme son nom l’indique, le processus de fabrication de ce papier fut trouvé par les Antaimoro, ethnie malgache. L’histoire du papier et celle de la tribu sont étroitement liées. Au 7e, les immigrants arabes s’installent dans cette région et forment une nouvelle tribu, les Antaimoro.
    De croyance musulmane, ils apportent avec eux leur Coran. Mais au fil du temps, leur Coran se détériore. Ils décident de le recopier mais doivent trouver la matière convenable. Cconnaissant parfaitement la technique de fabrication du papyrus égyptien, ils cherchent une plante capable de fournir les fibres nécessaires et leur choix se porte sur un genre de mûrier nommé « avoha »
    Le papier Antaimoro résiste très bien au temps car même de nos jours, ce Coran est encore étonnamment bien conservé et se transmet de génération en génération dans la tribu.

  • Son utilisation
  • Le procédé permet d’obtenir un papier épais et filandreux, de couleur beige ou blanche, uni ou décoré. Ce papier est beaucoup plus utilisé à des fins décoratives. Décoré, il est un véritable chef d’oeuvre. Il est utilisé pour la correspondance : papier à lettre, cartes de voeux et cartes postales, livret, enveloppes, parchemins, pochettes. Mais aussi de véritables tableaux ! Ainsi que des albums photos, des portes menu, … Je sais qu’il est aussi collé sur des objets pour les décorer (sacs, sandales, abat-jours, lustres, vases) mais je n’en ai pas vus à la boutique.

  • Sa fabrication
  • La première étape consiste à recueillir les meilleures fibres de l’écorce de l’avoha.

    Celles utilisées par l’atelier sont importées du Sud de Madagascar, de la région de Fort Dauphin.

    stock de fibres d'avoha


    L’étape suivante consiste à bouillir ces fibres durant 4 heures.

    Les fibres sont ensuite rincées et sélectionnées. Et l’opération se poursuit par l’écrasement des fibres choisies par un maillet dans le but d’obtenir une pâte.

    Ecrasement des fibres bouillies


    Cette pâte brune et grossière est mise en boules d’environ 400 g (les femmes les évaluent grâce à leur habitude) quand il faut une feuille de 1m50 par 0m75

    L’étape de la préparation qui suit est d’une grande importance car de son succès dépend la forme finale du papier. La pate est mélangée avec de l’eau pour la rendre plus liquide et le mélange obtenu sera étalé sur une toile de coton tendu par un cadre en bois. La difficulté et l’importance de cette étape viennent du fait qu’il faut déterminer la quantité à déverser dans le cadre et à la bien surfacer de manière à ce que le papier antaimoro ait une épaisseur uniforme.
    L’étape suivante est la décoration du papier antaimoro. Le papier antaimoro peut être décoré avec des pétales et des tiges de fleurs avant qu’il ne sèche totalement, ainsi ces décorations seront définitivement ancrées dans le papier. C’est la décoratrice qui fait souvent selon son humeur et les fleurs qu’elle a cueillies le matin même. Elle « pose » ses fleurs

    puis ajoute une très lègère couche de pate à la main.

    Il est à noter que l’idée des fleurs a été apportée par le français Pierre Mathieu. En 1936, ce jeune planteur français, séduit par la beauté et l’originalité de ce papyrus, en cherche le secret de fabrication grâce à sa connaissance du dialecte Antaimoro et à l’entière confiance des gens du pays où il avait passé son enfance. Il apportea des modifications comme celle des fleurs et entreprend la fabrication du papier sur une plus vaste échelle, tout en gardant le coté artisanal.
    Le temps de séchage dépend bien évidemment des conditions météorologiques. Mais avec un beau temps bien ensoleillé, ce temps de séchage sera considérablement réduit.
    et derrière les portiques de séchage …
    Le reliage des albums, cahiers, portes menu, … se fait au raphia
    Ici le coin des feuilles décorées avec dans le fond des piles d’albums et cahiers reliés

    Et là des « objets » divers tels que enveloppes, porte-menu, album et même papier mural

    A la boutique je fais quelques achats :

    • un album 30*30 pour 25000 Ar (env. 9 euros)
    • 2 cahiers 21*29 à 12000 Ar pièce (env. 4 euros)
    • 11 feuilles vierges 21*29 à 500 Ar pièce (env. 18 centimes)
    • 10 feuilles décorées un peu plus petites que le 21*29 à 500 Ar pièce
    • 4 grandes feuilles vierges un peu plus grandes que 30*40 à 5000 Ar pièce (env. 1,8 euros)
    • Et je repars donc avec un « chargement » qui me permettra au retour de faire mes propres albums pour 25 euros !!!
      Alors bien sur je vais acheter plus tard à Tananarive des albums de ce même papier moins cher qu’à la boutique d’Ambalavao mais ici il y a un choix que je n’ai pas retrouvé ailleurs.

    Une petite surprise : près de la porte de la boutique, à l’intérieur, sur un panneau de liège, chacun peut accrocher sa carte de visite. J’y découvre celle de Freddie, notre guide d’Ambositra.

La soie sauvage

Dans la même cour, un des batiment expose des tissages de soie sauvage. On nous y explique le processus de la création et du tissage de la soie déjà vu à Ambositra
Par contre je vois a la fois la boule initiale et le fil une fois filé

Puis je découvre un peu plus précisément les différentes teintures :

  • au cumin pour le jaune,
  • au natou,
  • avec la boue de la rivière pour noircir.

20 Avril 2011 : Ambositra

Légende et histoire

Fredier, le guide local que nous avons pris, nous raconte l’origine de la ville
Selon la légende, un roi tanala ne pouvant donner assez de terres à ses fils, l’un de ceux ci aurait migrer vers l’ouest et serait arrive sur une colline, jadis couverte de forêts, qui portait le nom de Vinany (prédiction) car son devin en regardant vers la forêt prédit que cet endroit sera plus tard peuplé.
D’autres, betsileos, pour s’installer au pied des collines sans craindre le pouvoir du roi tanala le firent empoisonner. Apercevant du feu et du mouvement dans la partie de sa terre, le souverain bétsiléo Mpanalina II y envoya des hommes en reconnaissance. Effrayés, ces derniers hésitèrent par deux fois avant d’obéir car ils pensaient que les mauvais esprits hantaient les lieux. Mais ils découvrirent des troupeaux de zébus castrés volés par les Baras et amenés dans cette montagne pour être engraissés. Le roi affirma son droit de propriété à tous les bœufs castrés (omby vositra) qui s’y trouvaient. D’ou le nom Ambohibositra (village des bœufs castrés) qui devient plus tard Ambositra. Le futur roi merina Radama II, furieux de la résistance de Mpanalina le tua et détruisit Ambositra. Les Merina installèrent une garnison près des ruines d’Ambositra, à Vinany qui depuis le 19e a accueilli l’administration merina, puis coloniale, et les pouvoirs publics actuels.
Ce récit marque le début de notre balade en pays Zafimaniry, 12 km à travers la terre rouge et les rizières, les champs de patates douces et d’ignames.
Sous la conduite de Fredier

Fredier


Capitale de la marqueterie malgache

Ce savoir-faire est celui des « Zafimaniry », sous ethnie des Betsileo, transmis de génération en génération. Ils utilisent essentiellement des bois de roses, de palissandre et d’ébène.

  • Le dessin est fait sur une feuille
  • Marqueterie à Ambositra : le dessin

  • puis report de la partie désirée au carbone sur le bois
  • Marqueterie à Ambositra : report au carbone

  • la partie est découpée
  • Marqueterie à Ambositra : la découpe

  • et elle sert ensuite de gabarit pour la dessiner sur un autre bois
  • Marqueterie à Ambositra : évidage

  • ou elle sera évidée afin d’y inclure la 1ere piéce. Et ainsi pour chaque pièce du travail. Ensuite l’ouvrage sera poncé
  • Marqueterie à Ambositra : ponçage

Le travail est d’une grande minutie et les différentes couleurs du bois font des tableaux au résultat magnifique.
J’ai acheté de ravissantes boites dites « à secret » car il faut pousser une pièce pour qu’elles s’ouvrent.
Et pour parler de récupération, ils font eux même leurs limes (je ne ma rappelle d’ou ils récupèrent le fer)

Marqueterie à Ambositra : création d'une lime

Travail de la soie sauvage

Deux sortes de soies existent à Madagascar : l’une fabriquée à partir de l’élevage et l’autre par le ver à soie sauvage qui vie dans le tapia, arbre dont il se nourrit. Les deux, la plante et la bete, sont endémiques à Madagascar.

L’atelier de taille du bois

Après quelques km de marche, nous regardons travailler une femme et sa fille qui sculpent du bois
Elles travaillent assises au sol, et dans une partie de la réserve de nourriture

Sculpture sur bois à Ambositra


Une partie des sculpture de la pièce de bois selon Freddier est réellement symbolique l’autre étant plutôt « touristique »

18 Avril 2011 : entre Ambatolampy et Antsirabe

Fruits et légumes sur le bord de la route

Sur le sol

dans des paniers

ou sur des étalages

C’est profusion de fruits et de légumes. Il suffit de s’arréter sur le bord de la route pour contenter sa gourmandise

et c’est aussi et encore des sourires accueillants et sans arrière pensée.

Véhicules miniatures

Faits en bois

voiture miniature en bois

ou en métal de récupération

miniature en métal de récupération

c’est sur cette portion de route que des artisans familiaux font preuve de l’imagination qui transforme les vieilles boites de conserve en camion, les bombes insecticides en 2cv, …
En arrière plan, vous pouvez voir des maisons mérina comme elles sont baties sur les hauts plateaux

maison mérina

et voici une page de l’album décrivant cet habitat

18 Avril 2011 : AMABATOLAMPY

Ambatolampy est à 70 km au sud de Tana
C’est un lieu de passage vers Antsirabe
Elle est principalement bâtie le long de la RN7 sur plusieurs kilomètres.
Ce qui la rend célèbre, touristiquement parlement aussi d’ailleurs, c’est la fabrication artisanale d’outils, d’ustensiles et d’objets en aluminium.

Visite de la fonderie

Il en existe beaucoup de petites et très petites qui fabriquent divers objets et celle que nous visitons fait des marmites uniquement.
Voici l’atelier

fonderie : l'atelier

Il suffit de quelques minutes à ces artisans pour fabriquer une marmite.
L’aluminium de récupération est fondu dans ces fours

la fonte

Pose du moule sur le socle

le moule

Après une 1er tassage

1er tassage

un cadre est posé

pose cadre

puis rempli mais je ne sais plus ce que c’était comme matériau

remplissage

Après un 2eme tassage

2eme tassage

un 2eme moule est posé

2eme moule

qui est aussi rempli

2eme remplissage

Des plots permettant le coulage sont posés puis à nouveau tassage, toujours avec les pieds

plots de coulage et tassage

C’est l’étape la plus dangereuse qui suit : le coulage !!!

coulage

Avant de continuer, le maitre artisan pose pour moi !

Après le démoulage

démoulage

le décoffrage

décoffrage

Il faut une finition pour enlever toutes les « barbes » qui seront refondues car rien ne se perd.

finition

C’est une activité dangereuse notamment par la manipulation de l’aluminium fondu.
Ce qui m’a permis de discuter avec mon guide sur le problème du handicap puisque les accidents sont fréquents. Quand il y a accident, ce sont souvent des soeurs qui prennent en charge la rééducation. Mais ensuite la personne retourne dans sa famille pour laquelle elle est une lourde charge dans un pays où il faut souvent savoir se débrouiller seul dès que l’on marche. Nous avons croisé quelques fauteuils roulants financés le plus souvent par des dons étrangers. Et à Fianarantsoa un centre de « bonnes soeurs » s’occupent des handicapés.

Des billards

Ce truc tout coloré autour duquel jouent les gosses est en fait un billard. Il y a en ville quelques ateliers qui fabriquent des billards et des baby-foot.

un billard