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22 Avril 2011 : la réserve Anja

Réserve privée

Le site de taille modeste est très peu documenté sur certains guides, et pourtant sa visite de bonne heure le matin vaut largement le déplacement.
C’est une réserve villageoise dont l’entrée est située à 12 km au sud d’Ambalavao sur la RN7, créée en 1999 par une vingtaine de villageois montés en association. Après une rude bataille contre l’ANCAP qui gère les parcs nationaux et qui voulait la récupérer, cette réserve a réussi à rester indépendante. Aujourd’hui, les membres sont au nombre de plus de 200 car tous ont compris : avant ils tuaient les makis pour les manger ou ils les capturaient pour les vendre ; désormais ils les protègent et les bénéfices tirés des visites ont déjà permis de construire une école.

Les maki catta

La réserve n’abrite qu’une seule variété de lémuriens, les maki catta. Ils vivent paisiblement sous la protection de tous, en liberté. Les visiteurs peuvent ainsi les approcher de très près

et les guides les connaissent très bien.
Ce lémurien vit en groupes de 8 à 10 individus. Il vit de 15 à 20 ans.
Il a 4 cris

  • appel : quand l’un d’eux est perdu, les cris d’appel des autres l’aident à les retrouver
  • alerte : pour avertir le groupe d’un danger
  • communication : il est émis vis à vis des autres groupes
  • amour : il est poussé pendant la saison des amours en avril-mai mais nous ne l’entendrons pas.

Le male est monogamme et la femelle polygamme ; C’est elle le chef de groupe.
Ils ont un petit par an qui naît après 145 jours de gestation. Pendant les 3 premiers mois, il est accroché sous la mère puis ensuite sur le dos mais dès 5 mois, il se débrouille seul.
La journée d’un lémur : le matin il mange au sol et dans les branches (fruits, feuilles, fleurs, herbes, écorces, sèves, araignées, insectes) ; en début d’après midi il fait la sieste dans les branches ; puis il descend jouer au sol avant de rentrer se coucher dans les cavernes vers 19 heures.

La gymnastique


Qui dérange ma sieste ?


Un brin de balade pédestre d’1 heure : la visite se fait avec un guide et un pisteur.
Dès nos premiers pas dans le parc, nous sommes attirés par des cris dans les arbres. En levant les yeux, nous avons le plaisir de voir de nombreux lémuriens qui prennent leur déjeuner.
Ils sont reconnaissables immédiatement à leur longue queue annelée.

Les autres caractéristiques sont des « lunettes » et une bouche noires.

Ces animaux sont ici bien adaptés à la présence de l’homme et ils marchent sur le sol dans des posture proche de celle rencontrée chez l’humain.

Paysages et cavernes

L’univers dans lequel on évolue est très chaud et pour partie humide, dans un mélange de gigantesques rochers

de forêt,

et de marais, formant un ecosysteme surprenant.
Après une heure de marche, on peut du point culminant de ce parc admirer après une brève ascension sur pierre inclinée, le paysage qui s’étend, mélange de vert des rizières, de brun de la brousse et des montagnes et du bleu pur du ciel.
Dans une cavité, j’ai pu observer un ancien tombeau. A une époque le peuple – pour se protéger des attaques des rois venus du Sud qui les prenaient en otages quand ils ne trouvaient pas de lambas – se réfugiait dans les cavernes. Et y enterraient leurs morts. Quand cette époque fut révolue, le peuple est sorti des cavernes pour bâtir des maisons ainsi que des tombeaux extérieurs. Et les cavernes sont désormais occupées la nuit par les makis catta.
Le pisteur qui nous accompagnait m’a particulièrement aidée car je m’étais fait mal au genou lors de la balade à Ambositra et la « promenade » à Anja nécessite quand même d’être en bonne forme. Une gentillesse malgache qui ne se dément pas !

notre pisteur

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22 Avril 2011 : le papier Antemoro à Ambalavao

L’atelier de fabrication de papier Antemoro

L’atelier est dans la même « cour » que l’hôtel des Bougainvillées. En fait atelier et hotel ont la même entrée et l’atelier est autour d’une cour derriere l’hotel

  • Un peu d’histoire
  • Comme son nom l’indique, le processus de fabrication de ce papier fut trouvé par les Antaimoro, ethnie malgache. L’histoire du papier et celle de la tribu sont étroitement liées. Au 7e, les immigrants arabes s’installent dans cette région et forment une nouvelle tribu, les Antaimoro.
    De croyance musulmane, ils apportent avec eux leur Coran. Mais au fil du temps, leur Coran se détériore. Ils décident de le recopier mais doivent trouver la matière convenable. Cconnaissant parfaitement la technique de fabrication du papyrus égyptien, ils cherchent une plante capable de fournir les fibres nécessaires et leur choix se porte sur un genre de mûrier nommé « avoha »
    Le papier Antaimoro résiste très bien au temps car même de nos jours, ce Coran est encore étonnamment bien conservé et se transmet de génération en génération dans la tribu.

  • Son utilisation
  • Le procédé permet d’obtenir un papier épais et filandreux, de couleur beige ou blanche, uni ou décoré. Ce papier est beaucoup plus utilisé à des fins décoratives. Décoré, il est un véritable chef d’oeuvre. Il est utilisé pour la correspondance : papier à lettre, cartes de voeux et cartes postales, livret, enveloppes, parchemins, pochettes. Mais aussi de véritables tableaux ! Ainsi que des albums photos, des portes menu, … Je sais qu’il est aussi collé sur des objets pour les décorer (sacs, sandales, abat-jours, lustres, vases) mais je n’en ai pas vus à la boutique.

  • Sa fabrication
  • La première étape consiste à recueillir les meilleures fibres de l’écorce de l’avoha.

    Celles utilisées par l’atelier sont importées du Sud de Madagascar, de la région de Fort Dauphin.

    stock de fibres d'avoha


    L’étape suivante consiste à bouillir ces fibres durant 4 heures.

    Les fibres sont ensuite rincées et sélectionnées. Et l’opération se poursuit par l’écrasement des fibres choisies par un maillet dans le but d’obtenir une pâte.

    Ecrasement des fibres bouillies


    Cette pâte brune et grossière est mise en boules d’environ 400 g (les femmes les évaluent grâce à leur habitude) quand il faut une feuille de 1m50 par 0m75

    L’étape de la préparation qui suit est d’une grande importance car de son succès dépend la forme finale du papier. La pate est mélangée avec de l’eau pour la rendre plus liquide et le mélange obtenu sera étalé sur une toile de coton tendu par un cadre en bois. La difficulté et l’importance de cette étape viennent du fait qu’il faut déterminer la quantité à déverser dans le cadre et à la bien surfacer de manière à ce que le papier antaimoro ait une épaisseur uniforme.
    L’étape suivante est la décoration du papier antaimoro. Le papier antaimoro peut être décoré avec des pétales et des tiges de fleurs avant qu’il ne sèche totalement, ainsi ces décorations seront définitivement ancrées dans le papier. C’est la décoratrice qui fait souvent selon son humeur et les fleurs qu’elle a cueillies le matin même. Elle « pose » ses fleurs

    puis ajoute une très lègère couche de pate à la main.

    Il est à noter que l’idée des fleurs a été apportée par le français Pierre Mathieu. En 1936, ce jeune planteur français, séduit par la beauté et l’originalité de ce papyrus, en cherche le secret de fabrication grâce à sa connaissance du dialecte Antaimoro et à l’entière confiance des gens du pays où il avait passé son enfance. Il apportea des modifications comme celle des fleurs et entreprend la fabrication du papier sur une plus vaste échelle, tout en gardant le coté artisanal.
    Le temps de séchage dépend bien évidemment des conditions météorologiques. Mais avec un beau temps bien ensoleillé, ce temps de séchage sera considérablement réduit.
    et derrière les portiques de séchage …
    Le reliage des albums, cahiers, portes menu, … se fait au raphia
    Ici le coin des feuilles décorées avec dans le fond des piles d’albums et cahiers reliés

    Et là des « objets » divers tels que enveloppes, porte-menu, album et même papier mural

    A la boutique je fais quelques achats :

    • un album 30*30 pour 25000 Ar (env. 9 euros)
    • 2 cahiers 21*29 à 12000 Ar pièce (env. 4 euros)
    • 11 feuilles vierges 21*29 à 500 Ar pièce (env. 18 centimes)
    • 10 feuilles décorées un peu plus petites que le 21*29 à 500 Ar pièce
    • 4 grandes feuilles vierges un peu plus grandes que 30*40 à 5000 Ar pièce (env. 1,8 euros)
    • Et je repars donc avec un « chargement » qui me permettra au retour de faire mes propres albums pour 25 euros !!!
      Alors bien sur je vais acheter plus tard à Tananarive des albums de ce même papier moins cher qu’à la boutique d’Ambalavao mais ici il y a un choix que je n’ai pas retrouvé ailleurs.

    Une petite surprise : près de la porte de la boutique, à l’intérieur, sur un panneau de liège, chacun peut accrocher sa carte de visite. J’y découvre celle de Freddie, notre guide d’Ambositra.

La soie sauvage

Dans la même cour, un des batiment expose des tissages de soie sauvage. On nous y explique le processus de la création et du tissage de la soie déjà vu à Ambositra
Par contre je vois a la fois la boule initiale et le fil une fois filé

Puis je découvre un peu plus précisément les différentes teintures :

  • au cumin pour le jaune,
  • au natou,
  • avec la boue de la rivière pour noircir.

22 Avril 2011 : Ambalavao

Ambalavao est une petite ville charmante à une soixantaine de km au sud de Fianarantsoa. Dommage que nous n’ayons pas eu la chance d’y être le jour du grand marché au zébus qui a lieu chaque semaine le mercredi

Ses maisons à varangues

Cette architecture comporte des balustrades en bois ajouré formant des motifs variés et le pignon du toit se prolonge fréquemment par un ornement sculpté en forme de pointe. C’est un style à mi-chemin entre le traditionnel et le colonial.

Petit hotel sympa

Il s’agit du Tsienimparihy. Il fait aussi boulangerie, salon de thé, restaurant. Il est moins « touristique » que les Bougainvillées, cependant il profite de son quasi monopole pour pratiquer des prix plus élevés qu’ailleurs au niveau du restaurant.
Ce qui est intéressant :

  • il est situé en face du marche (d’un coté), ce qui m’a permit de surprendre le réveil du marché au petit matin
  • Au pas de course le long du marché


    Les marchandises arrivent !


    le marche s'eveille


    le marche est réveillé

  • la vue panoramique sur un paysage pittoresque qu’il offre de notre chambre au dernier étage (seule familiale pour 4) mais aussi nous pouvons voir s’animer les rues « arrières »

  • Ou va t'il ?

Et je ne pouvais oublier ces merveilleux sourires même chez les enfants des rues.

Une page de carnet

RN7 et Hauts Plateaux

Cette RN7 qui existe en France et qui passe dans la ville ou je suis née, je la retrouve aussi en Belgique, au Luxembourg, au Maroc et en Afrique du Sud.
Mais celle qui m’intéresse est la route du Sud, axe routier le plus fréquenté des touristes, qui se déroule de la capitale de Madagascar à Tuléar …

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