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20 Avril 2011 : Promenade Zafimaniry

Fredier a créé une association et c’est jusqu’au village qu’il veut aider avec cette association que nous allons grimper.
Le chemin est rude sous le soleil et il faut les dons d’une chèvre pour suivre les chemins qu’empruntent chaque jour des villageois

Sous le soleil à Ambositra


Dans les collines à Ambositra


Certaines « rues » d’Ambositra qui mènent vers la campagne puis les chemins qui montent vers le village sont creusés dans la terre rouge ou faits de pierres.
Nous passons près d’une maison en construction et nous en profitons pour améliorer nos connaissances. Les murs sont faits de paille, de terre et d’eau. Jadis on utilisait de l’œuf pour lier, ce qui était plus costaud mais c’est devenu hors de prix. Et la construction se fait par couches successives entre lesquelles on laisse des temps de séchage.

L’école

Nous pénétrons dans une bâtisse au sol de terre battue totalement vide. Fredier nous explique qu’il s’agit de la future école, projet pour lequel ils ont besoin de 80000 Ar afin de finir les « locaux » (ciment au sol, enduit au murs, bancs et chaises, …).

L'école

Ça servira :

  • le matin pour les 123 enfants du village (123 enfants pour seulement 8 maisons !!!) : certains enfants qui vont au collège y feront l’école aux plus petits
  • l’après midi pour les mères : d’autres femmes viendront leur apprendre certains travaux générateurs de revenus ; ainsi elles apprendront à « finir » les chapeaux que pour l’instant elles livrent sans finition à Ambositra et ainsi elles les vendront un meilleur prix ; il est prévu que la femme de Fredier, brodeuse locale de notoriété, vienne leur apprendre la broderie

La vie de nos hôtes

Puis nous nous dirigeons à quelques mètres, vers une maison dans laquelle nous allons déjeuner.
Dans la cour, sous les yeux curieux des enfants, nous assistons à un démonstration par une fillette du pilage du riz. Ensuite elle me fait cadeau de ce riz : c’est un des plus beaux cadeaux que j’ai jamais reçus :-). Cette petite fille doit chaque jour piler le riz pour les repas (ils en mangent 3 fois par jour), aller chercher l’eau à 2 km plus haut, faire les repas, entretenir la maison et s’occuper des petits frères et sœurs pendant que père et mère travaillent aux champs.

Quand mes deux enfants découvriront que cette petite n’a que 11 ans, ce sera le plus grand des silences : ils découvrent un autre monde !

Le repas

Nous escaladons une échelle de bois pour atteindre le 1er étage. Une première pièce minuscule avec une femme et un enfant devant un foyer allumé, et nous atteignons une deuxième pièce un peu plus grande de forme carrée avec elle aussi un foyer.

le foyer


Normalement la première pièce est une cuisine et la deuxième sert de chambre et de pièce de réception, mais un problème familial a poussé à héberger cette femme seule, transformant la minuscule cuisine en maison pour elle.
Nous déjeunons de riz, de pois (hum délicieux !), de zébus en sauce (spécialement parce que nous sommes là !)

le repas


Mes deux garçons sont tous yeux et toutes oreilles. C’est rare qu’ils soient si silencieux !

le repas pour David


le repas pour Pierre


tout en discutant de l’organisation d’une maison des Hauts Plateaux. La répartition entre les 4 points cardinaux est très précise, notamment le coin des ancêtre à l’Est.

plan maison hauts plateaux


Nous abordons également le 2eme projet de Fredier : amener l’eau au centre du village. Le projet de l’association est de faire venir l’eau depuis la source qui est à 2 km au dessus du village par des tuyaux enterrés dans un double réservoir, ce qui se chiffre selon leurs calculs à 39 millions d’Ar. Ca m’intéresse beaucoup : d’une part je trouve leurs chiffres étranges et donc à revoir, et je me pose des questions sur le réservoir et la qualité de l’eau stockée. Donc à suivre de retour en France.
Et c’est déjà l’heure du retour.

la séparation


Pour faire plus court, nous passons comme les villageois à travers les rizières mais il faut être un vrai chamois et pas un seul de nous 4 n’échappera à la joie de se retrouver avec au moins un pied dans la rizière qui à cette époque est en eau !

retour dans les rizières d'Ambositra


A quelques rues de l’hôtel, nous passons par l’atelier de broderie de l’épouse de Fredier. Elle brode avec du coton DMC d’excellente qualité et tient ce talent de sa grand mère.

la brodeuse à Ambositra


Nous avons avec Fredier une discussion sur la possibilité de créer un site, un blog ou une petite boutique sur EBay pour exporter ces magnifiques ouvrages. J’en achète un pour 20 000 Ar (à peine plus de 7 € !!!)

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20 Avril 2011 : Ambositra

Légende et histoire

Fredier, le guide local que nous avons pris, nous raconte l’origine de la ville
Selon la légende, un roi tanala ne pouvant donner assez de terres à ses fils, l’un de ceux ci aurait migrer vers l’ouest et serait arrive sur une colline, jadis couverte de forêts, qui portait le nom de Vinany (prédiction) car son devin en regardant vers la forêt prédit que cet endroit sera plus tard peuplé.
D’autres, betsileos, pour s’installer au pied des collines sans craindre le pouvoir du roi tanala le firent empoisonner. Apercevant du feu et du mouvement dans la partie de sa terre, le souverain bétsiléo Mpanalina II y envoya des hommes en reconnaissance. Effrayés, ces derniers hésitèrent par deux fois avant d’obéir car ils pensaient que les mauvais esprits hantaient les lieux. Mais ils découvrirent des troupeaux de zébus castrés volés par les Baras et amenés dans cette montagne pour être engraissés. Le roi affirma son droit de propriété à tous les bœufs castrés (omby vositra) qui s’y trouvaient. D’ou le nom Ambohibositra (village des bœufs castrés) qui devient plus tard Ambositra. Le futur roi merina Radama II, furieux de la résistance de Mpanalina le tua et détruisit Ambositra. Les Merina installèrent une garnison près des ruines d’Ambositra, à Vinany qui depuis le 19e a accueilli l’administration merina, puis coloniale, et les pouvoirs publics actuels.
Ce récit marque le début de notre balade en pays Zafimaniry, 12 km à travers la terre rouge et les rizières, les champs de patates douces et d’ignames.
Sous la conduite de Fredier

Fredier


Capitale de la marqueterie malgache

Ce savoir-faire est celui des « Zafimaniry », sous ethnie des Betsileo, transmis de génération en génération. Ils utilisent essentiellement des bois de roses, de palissandre et d’ébène.

  • Le dessin est fait sur une feuille
  • Marqueterie à Ambositra : le dessin

  • puis report de la partie désirée au carbone sur le bois
  • Marqueterie à Ambositra : report au carbone

  • la partie est découpée
  • Marqueterie à Ambositra : la découpe

  • et elle sert ensuite de gabarit pour la dessiner sur un autre bois
  • Marqueterie à Ambositra : évidage

  • ou elle sera évidée afin d’y inclure la 1ere piéce. Et ainsi pour chaque pièce du travail. Ensuite l’ouvrage sera poncé
  • Marqueterie à Ambositra : ponçage

Le travail est d’une grande minutie et les différentes couleurs du bois font des tableaux au résultat magnifique.
J’ai acheté de ravissantes boites dites « à secret » car il faut pousser une pièce pour qu’elles s’ouvrent.
Et pour parler de récupération, ils font eux même leurs limes (je ne ma rappelle d’ou ils récupèrent le fer)

Marqueterie à Ambositra : création d'une lime

Travail de la soie sauvage

Deux sortes de soies existent à Madagascar : l’une fabriquée à partir de l’élevage et l’autre par le ver à soie sauvage qui vie dans le tapia, arbre dont il se nourrit. Les deux, la plante et la bete, sont endémiques à Madagascar.

L’atelier de taille du bois

Après quelques km de marche, nous regardons travailler une femme et sa fille qui sculpent du bois
Elles travaillent assises au sol, et dans une partie de la réserve de nourriture

Sculpture sur bois à Ambositra


Une partie des sculpture de la pièce de bois selon Freddier est réellement symbolique l’autre étant plutôt « touristique »

19 Avril 2011 : Ambositra

Ambositra (prononcer « Ambouchtr ») se situe sur la RN7, à 97 kms au sud d’Antsirabe. Etape incontournable dans la descente vers le sud, la ville est très vivante, très commerçante et les maisons de briques à l’architecture traditionnelle ont fière allure. Nous quittons la culture Merina. Les collines sont peuplées par une ethnie nommée « Betsileo »

AMBOSITRA

On dit que cette ville est la capitale de l’artisanat, en particulier pour ses ateliers de sculpture sur bois. J’ai eu quand même au premier arrêt hier soir un peu le sentiment d’un « piège à touristes »…
Le plus sympa est de déambuler sur le marché, d’observer les gens, se balader dans les rues de la ville, …

Hôtel Mania

L’entrée n’est que peu visible sur la rue principale (simple porte en fer)

Hotel Mania a AMBOSITRA

mais la décoration à l’intérieur vaut le coup !

Hotel Mania a AMBOSITRA : decoration

En plein centre. avec sanitaires privés, eau chaude parfaitement équipée, et charme quasi colonial un peu suranné. Très bon accueil. Calme . La chambre est au dernier étage, et offre une superbe vue sur la très belle église en brique rouge

RN7 et Hauts Plateaux

Cette RN7 qui existe en France et qui passe dans la ville ou je suis née, je la retrouve aussi en Belgique, au Luxembourg, au Maroc et en Afrique du Sud.
Mais celle qui m’intéresse est la route du Sud, axe routier le plus fréquenté des touristes, qui se déroule de la capitale de Madagascar à Tuléar …

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