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23 Avril 2011 : le train Fianarantsoa-Manakara (2)

Ambohanjobe (PK72)
Il y autant de monde que dans les autres gares

Le village se partage encore entre maison en dur

et maison en bois

mais j’aime les couleurs et la structure de ses rues

Manampatrana (PK79)
Ce centre commercial important (café, banane, litchi) est à mi-chemin du voyage.
L’afluence encore plus grande effectivement correspond à une bourgade plus habitée

mais c’est peut-être aussi jour de marché quoique je n’en sois pas sur

fruits et légumes


le boucher !


Ce gros bourg est reconnaissable à ses maisons sur pilotis qui bordent la ligne de chemin de fer


A la gare, des chargements attendent et c’est ce qui constituera un des plus longs temps d’arrêt

chargement en attente


C’est en général ce que j’apprécie le plus car ca permet de musarder et d’observer des curiosités pour l’européenne aseptisée que je suis 😉

est ce le repas qui attend ?


Après Manampatrana le paysage change. On continue à descendre vers la côte mais la forêt primaire a disparu pour laisser la place à une forêt d’arbres du voyageur

et à de nombreuses collines complètement brulées par la main de l’homme le long de la voie et de la rivière Ionilahy, que nous côtoyons depuis le km 82.
Ionilahy (PK88)
A l’arrêt suivant,

Ionilahy


un petit garçon pose pour moi !

la star d'Ionilahy


Depuis le train, par la fenêtre ouverte, parfois même par la porte car jamais elle n’est fermée, tout le monde regarde le paysage.
Que ce soit une maison

ou une église,

les tons ocre et vert forment une délicate harmonie.
Mahabako (PK99)
Ce village est situé au confluent de la rivière Ionilahy et du Faraony.
Je m’y suis régalé d’une sorte de friandise à base de caramel et de cacahouettes assez proche de notre nougat.

Un groupe d’enfants jouent près du wagon et en regardant plus attentivement ce qu’ils font , je découvre … une trotinette !

Quand enfin nous quittons le village, c’est sur une touche de rigolade. 3 touristes se sont éloignés pour prendre un café dans une petite gargotte

Et ce n’est pas le sifflet de la loco qui démarre qui les alerte mais les appels des autres voyageurs. Le train s’arrête le temps de prendre nos trois touristes qui se précipitaient en courant. Et mes propres appels n’étaient pas des moindres puisque mes fils s’étaient joints à moi pour appeler … leur père 😉 Eh oui c’était 1 des trois touristes.
Fenomby (PK107)
Ce village est la capitale des épices de la ligne et notamment du poivre vert et des petits piments rouges.

On trouve de nombreux fruits, comme la banane

et les pomme cannelle

et les produits de la pèche de la rivière toute proche comme de nombreux petits poissons.
Le village est plutôt paisible

malgré la vente habituelle à l’arrivée du train

Nous entamons la dernière descente vers Sahasinaka.
Sahasinaka (PK116)
A 4 kms de la gare, la chute de Faraony compte parmi les plus belles de l’île. Véritables cataractes qui s’écrasent d’une hauteur de 40 mètres pour former plus bas un torrent fantastique aux remous vertigineux et assourdissants.
Les collines se dénudent de plus en plus et le paysage se dégage et devient plus monotone.
C’est la région d’une importante production de café qui fait de cette bourgade un centre économique régional.
A notre arrivée, les vendeurs habituels

mais aussi les simples curieux

Mes yeux sont attirés par la multitude de couleurs d’un étal de vetements

J’observe pendant un long moment 2 très jeunes filles déjà propulsées dans une vie d’adulte, l’une s’occupant d’un enfant et l’autre vendant des fruits

J’écoute aussi les rires et les échanges entre un groupe d’enfants du village et 2 petits blancs grimpés sur les marches du train : mon fils et un copain français expatrié

Le train s’ébranle mais j’ai encore le temps de saisir la beautés de superbes produits locaux !!!

la fleur


la fillette


Ambila (PK146)
Après Antsaka et Mizilo, nous longeons une grande palmeraie avant d’arriver à Ambila

Nous sommes en pays Antaimoro, là où la ligne de chemin de fer rejoint la route, la rn12, après avoir emjambé la rivière Ambolotara
Manakara (PK163)
Enfin, alors que la nuit est déjà là et que les lumières très faibles éclairent l’intérieur du wagon, on traverse la piste de l’aéroport de Manakara avant d’atteindre le terminus de la ligne
Il pleut et les pousse pousse sont la mais pas trop harceleurs.
Une petite dernière prise dans la gare

les étapes du FCE

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23 Avril 2011 : le train Fianarantsoa-Manakara (1)

Après avoir musarder dans la gare de départ, nous voila en route !

Un des plus beaux paysages de Madagascar

La ligne ferroviaire traverse un des plus beaux paysages de Madagascar sur sa descente des hauts plateaux jusqu’à la mer. Le parcours dévoile des vues panoramiques en descendant la falaise à l’Est de Fianarantsoa.
C’est l’occasion d’admirer à son aise un paysage magnifique qui à mesure que l’on descend, se fait plus sauvage : on quitte les forêts de remplacement (eucalyptus, sapins) pour s’immerger dans une végétation épaisse traversée par de magnifiques cascades, la vitesse de croisière oscille entre 20 et 35 km/h. Nous passons des rizières, aux fonds de vallées verdoyantes, puis aux plantations de thé, avant d’entrer dans la forêt. Nous surplombons de magnifiques cascades, torrents effrénés, longeons des flancs escarpés et traversons des viaducs. Puis, apparaissent des collines herbeuses et des paysages de plus en plus dénudés avec des ravinala (arbre du voyageur qui ne pousse qu’en dessous de 800m d’altitude).

Une aventure humaine

Outre les paysages, nous vivons une aventure humaine, dans une ambiance locale, traversant de petits villages ruraux. En fonction des aléas techniques et du temps nécessaire au chargement et déchargement des marchandises, on a le temps de découvrir la vie au cours des arrêts aussi colorés les uns que les autres ou à chaque arrivée du train, les vendeurs s’agglutinent aux fenêtres des compartiments, guettant le moindre geste d’un passager qui céde au désir d’acheter: sambos, écrevisses, mandarines, oranges, bananes, lichis, pommes cannelle ou de croquer un beignet de banane, un oeuf dur voire une saucisse.

Quelques détails

De Ampitambe (PK28), source de Faroany, qui est le 3eme arrêt après Fianarantsoa, à Tolongoina, le FCE traverse une immense forêt primaire, qui occupe une bande de 15 à 30 km de large, d’ou son nom de « corridor ». C’est ce qui reste d’une forêt qui couvrait tous les Hauts Plateaux
Ranomena (PK38)
C’est le 4eme arrêt après Fianarantsoa. A cet endroit là les paysans vivent de la vente du bois et d’écrevisses sauvages.

Alors ne faites pas comme nous : on venait de manger dans les gares précédentes et on s’est dit qu’on gouterait aux écrevisses proposées par les petits vendeurs à la gare suivante ; loupé car c’est la seule gare ou elles étaient vendues !!!
Et puis il y a aussi ces petits fruits rouges (attention de février à mai seulement) que sont les goyaves de Chine.

écrevisses pour la 1ere, goyaves de Chine et bananes pour la 2eme


Depuis Fianarantsoa, nous sommes chez les bétsiléo (que l’on reconnait sur la photo par les larges chapeaux) et nous allons vers les tanalas ((que l’on reconnait sur la photo par le petit chapeau carré comme celui de la fillette)

Cependant nous sommes encore en région betsileo comme l’indiquent les constructions : maison en terre dotée d’un petit balcon

tandis que plus loin, avant même Andrambovato, les tanala construisent des petites demeures en bois

S’amorce une impressionnante descente dans les 27 tunnels du massif de l’Andringitra. Le plus long, d’un kilomètre (très peu de km après Ranomena), nous plonge dans un noir absolu jusqu’à Tolongoina
Andrambovato (PK45)

C’est le 5eme arrêt après Fianarantsoa. C’est une région productrice de bananes et lorsque la ligne avait été coupée en 200 à cause des cyclones, faute de transport, des centaines de tonnes avaient pourri
Ici les familles les plus pauvres consomment leur production de banane cuites avant même leur maturité tandis que d’autres un peu plus riches en vendent pour acheter du riz.
Sur les hauteurs se dresse le rocher d’Andrambovato. C’est 3 à 4 km après cet arrêt que se situe un admirable panorama sur les chutes de la rivière Mandriampotsy, avec un pont qui les franchit d’une seule portée.
Madiorano (PK54)
C’est le 6eme arrêt après Fianarantsoa.

De nouveaux fruits, petits, oranges et en branches comme les dattes

Beignets de riz, de légumes mais aussi de bananes. Et la gavage de ma petite persone !

Et ca aussi c’est bon, une sorte de papilotte cuite a la vapeur avec une farce. Impossible de savoir ce que c’est mais c’est bon aussi

Tolongoina (PK62)

C’est le 7eme arrêt après Fianarantsoa.
J’y découvre la pomme-cannelle

et j’y mange des samosas

Dans cette gare se collectent des bananes de toute la région. S’il y a 3 ou 4 variétés sur le marché, il semblerait qu’il en existe 18 variétés différentes
J’avais envie d’évoquer au dela de l’attrait touritique la vie difficile notamment à travers cette présence des bananes. Une partie des revenus des familles provient du transport à dos d’hommes des bananes et autres fruits depuis les champs juque dans les gares. Un homme peut porter jusqu’à 60 KG sur 10 km et pour cela gagne 1800 Ar (soit environ 70 centimes d’euros) ca qui lui permettra d’acheter 1 à 2 Kg Kg de riz (pour rappel le prix est en fonction de la qualité du riz). Et évidemment quand le train ne circule pas, les familles ne travaillent pas et souffrent de la faim.
Et plus personnellement ce que j’ai vécu à cette gare. Une jeune femme avec un enfant dans les jupes et un bébé dans les bras, tous vétus de haillons, se travoit par la foule qui se pressait à l’arrivée du train. Peu à peu la foule s’est éclaircie comme à chaque fois une fois que les ventes sont faites et que s’éloignent ceux qui attendront le train du lendemain. Et cette jeune femme était là et regardait d’un air absent. Alors j’ai cherché dans le panier repas fourni par l’hotel et avec un signe discret je lui ai montré mon intention de lui donner un fromage. Quand j’ai vu le sourire et l’empressement qu’elle a eu à le mettre dans la bouche du plus petit, j’ai commptris que j’avais deviné juste (mais ce n’étais pas bien difficile) : ils avaient faim car elle était jeune et surement seule avec ses enfants. Alors je lui ai aussi donné le sandwitch. Avec une vélocité incroyable (je pense pour éviter que d’autres ne le remarquent et viennent lui prendre), elle a cassé un bout pour le garconnet puis un autre qu’elle a gardé dans sa main et caché le reste dans son jupon. Et elle a fait mangé son plus jeune. Un bout de poulet est tombé au sol, elle l’a ramassé et mangé.

Et tout le temps que nous sommes restés en gare, elle est restée assise en face de notre wagon et c’est de son sourire vers moi dont je me souviens. Ce n’était bien sur que ce jour là mais au moins ce jour là au moins ils n’avaient plus faim.
C’est également par cette gare que passe la RNT14 joignant Ifanadiana au Nord (sur la RN25 qui va du parc de Ranomafana ) Mananjary) à Ikongo au Sud. Mais cette piste n’est praticable que par les 4*4 et encore pas toujours lors de la saison des pluies.

Bref, bien avant l’arrivée, nous étions gavés comme des oies… et nous n’avons bien mis que les 8 h prévues

23 Avril 2011 : le train Fianarantsoa-Manakara ( le départ)

J’ai déjà évoqué ce train qui me fascine
Ce typique circuit ferroviaire parcourt les 163 kms de voie datant de la période coloniale reliant Fianarantsoa, capitale des Betsileo, à Manakara, ville côtière de Madagascar au coeur du pays des Antémoro. Et juste pour rappel, il fait Fianarantsoa – Manakara tous les mardi, jeudi, samedi et Manakara – Fianarantsoa tous les mercredi, vendredi, dimanche.

Le départ

Donc nous sommes le samedi 23 et nous sommes dès 8 heures à la gare, heure prévue du départ

avec pour preuve la pendule et le départ de Fianarantsoa à 7h45, ville de départ qui est à 1/4 d’heure de notre gare
Voici la gare de Savohamby coté rue


Et voici nos futurs compagnons de voyage

8h30 : toujours rien ; et sur la voie des poules, des enfants, des paysans, …

alors je photographie une publicité sur le FCE (Fianarantsoa – Cote – Est) à l’intérieur de la gare

9h00 : toujours rien ; alors je photographie … mes billets de train !

9h05 oh le voila !

le fce arrive en gare de savohamby

La brochure

J’ai acheté à l’hôtel, et je sais qu’elle est aussi en vente dans les gares de Fianarantsoa et Manakara, une petite brochure très sympa. Mais je vous conseille de vous l’offrir : pas chère, et pleine de renseignements dont une page géniale avec toutes les gares et leurs spécificités ; de plus les bénéfices de la vente vont à l’association des riverains qui lutte pour sauver le FCE. Alors pas de raison de se priver !!!!

Et voici le trajet que j’ai trouvé dans cette brochure


Pour voir la suite du trajet

22 Avril 2011 : le Lac Hotel

Il nous a fallu 1 heure de route de Fianarantsoa pour atteindre à une vingtaine de km de Fianarantsoa le petit village de Sahambavy et le Lac Hotel. Ce n’est d’ailleurs qu’un souvenir lointain de route, un chemin défoncé …
Certes la végétation est belle le long de la route mais on la voit ailleurs à Madagascar. Aussi, a moins de vouloir vivre une soirée style regret de vieux colonial (ce qui peut avoir un charme)

et dormir 1 heure de plus le lendemain matin pour prendre le train presque en face, je ne suis pas sure que cet hôtel vaut le détour.
Tout y est beaucoup plus cher (100 000 Ar le bungalow familial),

le confort des chambres n’est pas meilleur que dans les hôtels précédents, l’accès au lac n’est possible que lorsqu’on occupe l’un des 4 bungalows qui le bordent (avec un supplément d’environ 20 à 25 euros).

Mais alors pourquoi nous fait elle un billet ? Eh oui je vous entends
Parce que cet hôtel entretient un jardin extraordinaire ou j’ai pu photographier en toute tranquilité




Et que nous y avons vécu un orage plein de couleurs

22 Avril 2011 : Fianarantsoa

Cette page de mon carnet d’avant me permettait d’avoir une petite idée de Fianarantsoa

et entre autre du lieu ou trouver l’atelier de Pierrot Men


Le nom de Fianarantsoa qui veut dire « l’endroit où on apprend le bien » vient de la présence d’une forte concentration de missionnaires catholiques au temps de la colonie. Elle est toujours considérée comme le principal centre académique et intellectuel du pays. Située à 415 km de Tana, Fiana est la porte du sud, la capitale royale des betsilos ; c’est une très jolie ville très verte,aérée et agréable à vivre

La ville haute

Nous nous garons sur une place qui est au pied du grand escalier qui conduit à la « ville haute ».

Et qui est dominée par une superbe église.

avant d’entamer la montée


En montant, j’observe au passage un marché restauré

ainsi qu’un point d’eau

Nous parlons l’association qui a réussi à placer toute la ville haute sous la protection patrimoniale de l’Unesco. Un panneau devant les locaux explique la démarche

et donne sur la ville des renseignements très intéressants





Le rova, a l’abandon, est en fait le palais du gouverneur sous la domination coloniale

mais la balade vaut pour le magnifique panorama sur Fianarantsoa que l’on a au sommet.

Vue depuis le Rova


(j’ai assemble des photos et comme je ne suis pas pro … mais ca donne une idée)
En redescendant, je découvre sur un mur de maison une fresque sur les travaux du riz.

RUE DE LA FRESQUE


Orphelins et problèmes médicaux

Nous évoquons en cours de route cette bande d’orphelins qui rode autour de nous. Un francais les recueille et les éduqye en leur faisant dessiner des cartes qu’ensuite ils vendent pour acheter des cahiers d’école. A la fin de notre visite, comme je préfère leur acheter directement leurs cahiers, une jeune fille se charge de nous guider puis de nous exprimer ses besoins et enfin d’assurer la distribution aux enfants. Mes fils recevront chacun en cadeau une de ces jolies cartes naives.


Nous parlons aussi des problèmes médicaux. Un 2eme hopital est en prévision sur la ville. Mais actuellement c’est loin et cher pour beaucoup. Et nombreux sont ceux qui abandonnent aussi leurs enfants à la rue

RN7 et Hauts Plateaux

Cette RN7 qui existe en France et qui passe dans la ville ou je suis née, je la retrouve aussi en Belgique, au Luxembourg, au Maroc et en Afrique du Sud.
Mais celle qui m’intéresse est la route du Sud, axe routier le plus fréquenté des touristes, qui se déroule de la capitale de Madagascar à Tuléar …

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