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La communauté Anja de Madagascar récompensée par les Nations Unies pour ses efforts pour préserver sa forêt

Anja, c’est cette réserve privée que nous avions visitée en avril 2011 :  réserve villageoise à 12 km au sud d’Ambalavao sur la RN7, créée en 1999 par une vingtaine de villageois montés en association qui a lutté contre l’ANCAP pour rester indépendante. Et ou on admire les maki catta

Anja vient d’être récompensée par les Nations Unies pour ses efforts fournis afin de préserver sa forêt, grâce à l’écotourisme notamment.

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22 Avril 2011 : le Lac Hotel

Il nous a fallu 1 heure de route de Fianarantsoa pour atteindre à une vingtaine de km de Fianarantsoa le petit village de Sahambavy et le Lac Hotel. Ce n’est d’ailleurs qu’un souvenir lointain de route, un chemin défoncé …
Certes la végétation est belle le long de la route mais on la voit ailleurs à Madagascar. Aussi, a moins de vouloir vivre une soirée style regret de vieux colonial (ce qui peut avoir un charme)

et dormir 1 heure de plus le lendemain matin pour prendre le train presque en face, je ne suis pas sure que cet hôtel vaut le détour.
Tout y est beaucoup plus cher (100 000 Ar le bungalow familial),

le confort des chambres n’est pas meilleur que dans les hôtels précédents, l’accès au lac n’est possible que lorsqu’on occupe l’un des 4 bungalows qui le bordent (avec un supplément d’environ 20 à 25 euros).

Mais alors pourquoi nous fait elle un billet ? Eh oui je vous entends
Parce que cet hôtel entretient un jardin extraordinaire ou j’ai pu photographier en toute tranquilité




Et que nous y avons vécu un orage plein de couleurs

22 Avril 2011 : Fianarantsoa

Cette page de mon carnet d’avant me permettait d’avoir une petite idée de Fianarantsoa

et entre autre du lieu ou trouver l’atelier de Pierrot Men


Le nom de Fianarantsoa qui veut dire « l’endroit où on apprend le bien » vient de la présence d’une forte concentration de missionnaires catholiques au temps de la colonie. Elle est toujours considérée comme le principal centre académique et intellectuel du pays. Située à 415 km de Tana, Fiana est la porte du sud, la capitale royale des betsilos ; c’est une très jolie ville très verte,aérée et agréable à vivre

La ville haute

Nous nous garons sur une place qui est au pied du grand escalier qui conduit à la « ville haute ».

Et qui est dominée par une superbe église.

avant d’entamer la montée


En montant, j’observe au passage un marché restauré

ainsi qu’un point d’eau

Nous parlons l’association qui a réussi à placer toute la ville haute sous la protection patrimoniale de l’Unesco. Un panneau devant les locaux explique la démarche

et donne sur la ville des renseignements très intéressants





Le rova, a l’abandon, est en fait le palais du gouverneur sous la domination coloniale

mais la balade vaut pour le magnifique panorama sur Fianarantsoa que l’on a au sommet.

Vue depuis le Rova


(j’ai assemble des photos et comme je ne suis pas pro … mais ca donne une idée)
En redescendant, je découvre sur un mur de maison une fresque sur les travaux du riz.

RUE DE LA FRESQUE


Orphelins et problèmes médicaux

Nous évoquons en cours de route cette bande d’orphelins qui rode autour de nous. Un francais les recueille et les éduqye en leur faisant dessiner des cartes qu’ensuite ils vendent pour acheter des cahiers d’école. A la fin de notre visite, comme je préfère leur acheter directement leurs cahiers, une jeune fille se charge de nous guider puis de nous exprimer ses besoins et enfin d’assurer la distribution aux enfants. Mes fils recevront chacun en cadeau une de ces jolies cartes naives.


Nous parlons aussi des problèmes médicaux. Un 2eme hopital est en prévision sur la ville. Mais actuellement c’est loin et cher pour beaucoup. Et nombreux sont ceux qui abandonnent aussi leurs enfants à la rue

22 Avril 2011 : le sisal

Sur la route de Fianarantsoa (nous y retournons pour prendre demain le train de Manakara), un « étal » attire notre attention.

Il s’agit de cordages de sisal, l’occasion de voir de près ce que c’est.

Comment une plante comme l’agave peut elle donner ces fibres ?
Voici 2 photos d’une jeune fille qui a la gentillesse de nous montrer comment elle fait pour extraire les fibres de la feuille en la raclant


puis comment elle tresse ces fibres très solides

en s’aidant aussi de ses pieds !

Les cordages de ce type sont bien utilisés car très solides. Et ces « tresses servent aussi à fabriquer des objets comme ici un hamac,

des chaussures, des tapis, ou le sac orange et chocolat (teintes naturelles) que j’ai acheté 2000 Ar !
A propos des teintes naturelles utilisées, tant pour le sisal que pour la soie sauvage, :

  • les feuilles de l’indigotier fournissent le bleu
  • l’écorce de nato fournit le rouge
  • le tanin de plusieurs palétuviers donne différents bruns.

22 Avril 2011 : la réserve Anja

Réserve privée

Le site de taille modeste est très peu documenté sur certains guides, et pourtant sa visite de bonne heure le matin vaut largement le déplacement.
C’est une réserve villageoise dont l’entrée est située à 12 km au sud d’Ambalavao sur la RN7, créée en 1999 par une vingtaine de villageois montés en association. Après une rude bataille contre l’ANCAP qui gère les parcs nationaux et qui voulait la récupérer, cette réserve a réussi à rester indépendante. Aujourd’hui, les membres sont au nombre de plus de 200 car tous ont compris : avant ils tuaient les makis pour les manger ou ils les capturaient pour les vendre ; désormais ils les protègent et les bénéfices tirés des visites ont déjà permis de construire une école.

Les maki catta

La réserve n’abrite qu’une seule variété de lémuriens, les maki catta. Ils vivent paisiblement sous la protection de tous, en liberté. Les visiteurs peuvent ainsi les approcher de très près

et les guides les connaissent très bien.
Ce lémurien vit en groupes de 8 à 10 individus. Il vit de 15 à 20 ans.
Il a 4 cris

  • appel : quand l’un d’eux est perdu, les cris d’appel des autres l’aident à les retrouver
  • alerte : pour avertir le groupe d’un danger
  • communication : il est émis vis à vis des autres groupes
  • amour : il est poussé pendant la saison des amours en avril-mai mais nous ne l’entendrons pas.

Le male est monogamme et la femelle polygamme ; C’est elle le chef de groupe.
Ils ont un petit par an qui naît après 145 jours de gestation. Pendant les 3 premiers mois, il est accroché sous la mère puis ensuite sur le dos mais dès 5 mois, il se débrouille seul.
La journée d’un lémur : le matin il mange au sol et dans les branches (fruits, feuilles, fleurs, herbes, écorces, sèves, araignées, insectes) ; en début d’après midi il fait la sieste dans les branches ; puis il descend jouer au sol avant de rentrer se coucher dans les cavernes vers 19 heures.

La gymnastique


Qui dérange ma sieste ?


Un brin de balade pédestre d’1 heure : la visite se fait avec un guide et un pisteur.
Dès nos premiers pas dans le parc, nous sommes attirés par des cris dans les arbres. En levant les yeux, nous avons le plaisir de voir de nombreux lémuriens qui prennent leur déjeuner.
Ils sont reconnaissables immédiatement à leur longue queue annelée.

Les autres caractéristiques sont des « lunettes » et une bouche noires.

Ces animaux sont ici bien adaptés à la présence de l’homme et ils marchent sur le sol dans des posture proche de celle rencontrée chez l’humain.

Paysages et cavernes

L’univers dans lequel on évolue est très chaud et pour partie humide, dans un mélange de gigantesques rochers

de forêt,

et de marais, formant un ecosysteme surprenant.
Après une heure de marche, on peut du point culminant de ce parc admirer après une brève ascension sur pierre inclinée, le paysage qui s’étend, mélange de vert des rizières, de brun de la brousse et des montagnes et du bleu pur du ciel.
Dans une cavité, j’ai pu observer un ancien tombeau. A une époque le peuple – pour se protéger des attaques des rois venus du Sud qui les prenaient en otages quand ils ne trouvaient pas de lambas – se réfugiait dans les cavernes. Et y enterraient leurs morts. Quand cette époque fut révolue, le peuple est sorti des cavernes pour bâtir des maisons ainsi que des tombeaux extérieurs. Et les cavernes sont désormais occupées la nuit par les makis catta.
Le pisteur qui nous accompagnait m’a particulièrement aidée car je m’étais fait mal au genou lors de la balade à Ambositra et la « promenade » à Anja nécessite quand même d’être en bonne forme. Une gentillesse malgache qui ne se dément pas !

notre pisteur

22 Avril 2011 : le papier Antemoro à Ambalavao

L’atelier de fabrication de papier Antemoro

L’atelier est dans la même « cour » que l’hôtel des Bougainvillées. En fait atelier et hotel ont la même entrée et l’atelier est autour d’une cour derriere l’hotel

  • Un peu d’histoire
  • Comme son nom l’indique, le processus de fabrication de ce papier fut trouvé par les Antaimoro, ethnie malgache. L’histoire du papier et celle de la tribu sont étroitement liées. Au 7e, les immigrants arabes s’installent dans cette région et forment une nouvelle tribu, les Antaimoro.
    De croyance musulmane, ils apportent avec eux leur Coran. Mais au fil du temps, leur Coran se détériore. Ils décident de le recopier mais doivent trouver la matière convenable. Cconnaissant parfaitement la technique de fabrication du papyrus égyptien, ils cherchent une plante capable de fournir les fibres nécessaires et leur choix se porte sur un genre de mûrier nommé « avoha »
    Le papier Antaimoro résiste très bien au temps car même de nos jours, ce Coran est encore étonnamment bien conservé et se transmet de génération en génération dans la tribu.

  • Son utilisation
  • Le procédé permet d’obtenir un papier épais et filandreux, de couleur beige ou blanche, uni ou décoré. Ce papier est beaucoup plus utilisé à des fins décoratives. Décoré, il est un véritable chef d’oeuvre. Il est utilisé pour la correspondance : papier à lettre, cartes de voeux et cartes postales, livret, enveloppes, parchemins, pochettes. Mais aussi de véritables tableaux ! Ainsi que des albums photos, des portes menu, … Je sais qu’il est aussi collé sur des objets pour les décorer (sacs, sandales, abat-jours, lustres, vases) mais je n’en ai pas vus à la boutique.

  • Sa fabrication
  • La première étape consiste à recueillir les meilleures fibres de l’écorce de l’avoha.

    Celles utilisées par l’atelier sont importées du Sud de Madagascar, de la région de Fort Dauphin.

    stock de fibres d'avoha


    L’étape suivante consiste à bouillir ces fibres durant 4 heures.

    Les fibres sont ensuite rincées et sélectionnées. Et l’opération se poursuit par l’écrasement des fibres choisies par un maillet dans le but d’obtenir une pâte.

    Ecrasement des fibres bouillies


    Cette pâte brune et grossière est mise en boules d’environ 400 g (les femmes les évaluent grâce à leur habitude) quand il faut une feuille de 1m50 par 0m75

    L’étape de la préparation qui suit est d’une grande importance car de son succès dépend la forme finale du papier. La pate est mélangée avec de l’eau pour la rendre plus liquide et le mélange obtenu sera étalé sur une toile de coton tendu par un cadre en bois. La difficulté et l’importance de cette étape viennent du fait qu’il faut déterminer la quantité à déverser dans le cadre et à la bien surfacer de manière à ce que le papier antaimoro ait une épaisseur uniforme.
    L’étape suivante est la décoration du papier antaimoro. Le papier antaimoro peut être décoré avec des pétales et des tiges de fleurs avant qu’il ne sèche totalement, ainsi ces décorations seront définitivement ancrées dans le papier. C’est la décoratrice qui fait souvent selon son humeur et les fleurs qu’elle a cueillies le matin même. Elle « pose » ses fleurs

    puis ajoute une très lègère couche de pate à la main.

    Il est à noter que l’idée des fleurs a été apportée par le français Pierre Mathieu. En 1936, ce jeune planteur français, séduit par la beauté et l’originalité de ce papyrus, en cherche le secret de fabrication grâce à sa connaissance du dialecte Antaimoro et à l’entière confiance des gens du pays où il avait passé son enfance. Il apportea des modifications comme celle des fleurs et entreprend la fabrication du papier sur une plus vaste échelle, tout en gardant le coté artisanal.
    Le temps de séchage dépend bien évidemment des conditions météorologiques. Mais avec un beau temps bien ensoleillé, ce temps de séchage sera considérablement réduit.
    et derrière les portiques de séchage …
    Le reliage des albums, cahiers, portes menu, … se fait au raphia
    Ici le coin des feuilles décorées avec dans le fond des piles d’albums et cahiers reliés

    Et là des « objets » divers tels que enveloppes, porte-menu, album et même papier mural

    A la boutique je fais quelques achats :

    • un album 30*30 pour 25000 Ar (env. 9 euros)
    • 2 cahiers 21*29 à 12000 Ar pièce (env. 4 euros)
    • 11 feuilles vierges 21*29 à 500 Ar pièce (env. 18 centimes)
    • 10 feuilles décorées un peu plus petites que le 21*29 à 500 Ar pièce
    • 4 grandes feuilles vierges un peu plus grandes que 30*40 à 5000 Ar pièce (env. 1,8 euros)
    • Et je repars donc avec un « chargement » qui me permettra au retour de faire mes propres albums pour 25 euros !!!
      Alors bien sur je vais acheter plus tard à Tananarive des albums de ce même papier moins cher qu’à la boutique d’Ambalavao mais ici il y a un choix que je n’ai pas retrouvé ailleurs.

    Une petite surprise : près de la porte de la boutique, à l’intérieur, sur un panneau de liège, chacun peut accrocher sa carte de visite. J’y découvre celle de Freddie, notre guide d’Ambositra.

La soie sauvage

Dans la même cour, un des batiment expose des tissages de soie sauvage. On nous y explique le processus de la création et du tissage de la soie déjà vu à Ambositra
Par contre je vois a la fois la boule initiale et le fil une fois filé

Puis je découvre un peu plus précisément les différentes teintures :

  • au cumin pour le jaune,
  • au natou,
  • avec la boue de la rivière pour noircir.

22 Avril 2011 : Ambalavao

Ambalavao est une petite ville charmante à une soixantaine de km au sud de Fianarantsoa. Dommage que nous n’ayons pas eu la chance d’y être le jour du grand marché au zébus qui a lieu chaque semaine le mercredi

Ses maisons à varangues

Cette architecture comporte des balustrades en bois ajouré formant des motifs variés et le pignon du toit se prolonge fréquemment par un ornement sculpté en forme de pointe. C’est un style à mi-chemin entre le traditionnel et le colonial.

Petit hotel sympa

Il s’agit du Tsienimparihy. Il fait aussi boulangerie, salon de thé, restaurant. Il est moins « touristique » que les Bougainvillées, cependant il profite de son quasi monopole pour pratiquer des prix plus élevés qu’ailleurs au niveau du restaurant.
Ce qui est intéressant :

  • il est situé en face du marche (d’un coté), ce qui m’a permit de surprendre le réveil du marché au petit matin
  • Au pas de course le long du marché


    Les marchandises arrivent !


    le marche s'eveille


    le marche est réveillé

  • la vue panoramique sur un paysage pittoresque qu’il offre de notre chambre au dernier étage (seule familiale pour 4) mais aussi nous pouvons voir s’animer les rues « arrières »

  • Ou va t'il ?

Et je ne pouvais oublier ces merveilleux sourires même chez les enfants des rues.

Une page de carnet

21 Avril 2011 : le marché de Alakamisyambohimaha

Dans le précédent post, j’évoquais ce marché ou nous avions fait une pause sur la route d’Ambalavao
Et j’adore tellement cette atmosphère que je mitraille. Donc je vous en montre quelques unes de ces photos !
Tout d’abord, les marchés en général sont pour moi la vie même d’un pays ! Et à Madagascar il y en a touts les jours et partout. Mais dans les villages ils ont leur jour comme ici le jeudi. Et on le sait immédiatement quand on roule vu la foule !

jour de marché

En flânant le long des rues

Avant même d’atteindre le lieu ou se tient le marché, certains étals ou certaines enseignes attirent mon attention :

  • le miel vendu dans la région dans des bouteilles d’eau
  • le mot « gargotte » ou « gargotier » : en vérifiant j’ai vu qu’on y mangeait ; je le retrouverai souvent par la suite mais quel sens a t’il ici, je n’en sais rien !
  • la pharmacie locale, ou plutôt le dépôt de médicament

Sur le marché

En arrivant sur le marché, la première chose qui me frappe est la couleur, celle d’un étal ou se vendent des chapeaux et des sacs en raphia
Parmi les différents tissus, je vois de superbes lambas

mais aussi des machines à coudre manuelles d’un noir brillant sous le soleil

et sur lesquelles des couturières sont en pleine action assises à même le sol
Et les produits sont toujours aussi variés

  • les pailles utilisés pour ces balayettes ou des balais
  • des boules noires qui ne sentent pas bon du tout ; il s’agit de savons pour le linge et ils sont très efficaces car à base de cendre amalgamée avec de la cire
  • des sacs pleins de petits cailloux blancs que le vendeur vend avec cette petite boite de fer blanc en guise de mesure (très courant comme mesure) ; il s’agit en fait de sel
  • des tas plus ou moins gros de minuscules petits légumes rouges qui sont des piments
  • des choses délicieuses que l’on peut manger sur place : des friandises commes des sucettes ou des beignets, des petites saucisses, et ces petites papilottes qui renferment du manioc
  • et d’autres que je n’identifie pas du tout !

Et je retrouve un peu partout à travers ce marché bondé ce qui caractérise les enfants en particulier malgaches : le sourire !

21 Avril 2011 : vers Ambalavao

Les maisons changent

Les maisons mérina sur Tananarive et Antsirabé ont 1 ou 2 étages, 1 balcon, et occupent une grande surface. Du balcon, on voit la case à zébus, les réserves de grains et de riz, … « On aime notre bien » est l’expression malgache !
Les maisons betsileo occupent des petites surfaces mais elles sont construites en hauteur. Tuiles et tôles ont remplacé le chaume sur les toits.Celle ci n’est pas très haute et ne ressemble pas aux maisons habituelles même si effectivement son toit est en tuiles

Jadis les murs des maisons étaient fabriqués avec de l’eau, de la terre, de la paille et de l’oeuf mais la boue a remplacé maintenant l’oeuf trop cher. Les murs sont montés par couches successives avec un temps de séchage entre chaque couche.

murs de boue et de paille

De l’or ?

Nous dépassons un piéton avec un drôle de chapeau. C’est en fait quelqu’un qui porte sur la tête le plat qui lui sert à trier l’or ? Surprise y compris pour nos guides qui ignoraient la présence d’or dans la région

Des coutumes

Nous continuons en roulant d’évoquer les coutumes.
Chez les Baras. Lors d’un décès, ils tuent tous les zébus du défunt et ce n’est que lorsqu’ils sont tous mangés que le défunt est enterré ; ils volent les zébus pour montrer leur force.
Un homme peut avoir plusieurs femmes mais doit présenter la 2eme à la 1ere qui doit l’accepter, etc …
Chez les Betsileos. Sur les marchés, les couleurs très vives sont appréciées.

Lorsqu’une fille est à marier, elle emporte un petit savon et se lave sur le chemin du marché pour sentir bon ; elle porte un foulard avec des épingles à cheveux colorées piquées dedans, un t shirt coloré, une jupe et un jupon constituant « 2 hauteurs » différentes et parfois un lamba en paréo ; le jeune homme à marier porte un chapeau avec un peigne, « 2 hauteurs » de short, un lamba sur le buste et un bâton, ; quand une fille à marier lui plaît, soit il lui vole son lamba et la fille doit courir pour le reprendre, soit il attrape la fille avec son lamba à lui ; si la fille accepte, il y a rencontre des parents et si ceux de la fille sont d’accord, le « fiancé » doit payer une dot en argent ou zébus.

Les plantations

Le manioc et la patate douce sont plantées par une tige tandis que ce sont les arachides que l’on met en terre.

Le charbon de bois

Il est très souvent fabriqués à partir de l’eucalyptus. Il est interdit d’en faire à partir du pin qui est désormais protégé mais l’interdiction fait souvent long feu quand c’est le seul revenu !
Nous passons Camp Robin puis la route vers Lemur Forest Camp

Les carrioles à roulettes

Nous croisons des barambas, carrioles à roulettes que l’on pousse, sur lesquelles on peut monter et qui peuvent rouler assez vite sur la route


Ce qui représente un certain danger par rapport aux taxi-brousse et autres véhicules.

Les tombeaux

Bodo, quand elle veut nous montrer quelque chose, le fait avec l’index replié car pointer du doigt tendu est tabou. C’est quand elle nous montre les tombeaux que je découvre cet interdit.
Les tombeaux étaient faits avec des pierres et ils sont plus gros quand les personnes sont plus riches.

Le sisal

La foret est plus abondante. Une plante est abondante aussi dans la région : il s’agit de l’agave. C’est de sa tige que l’on tire une fibre; le sisal, dont on fait des cordages entre autres.

Un marché

Nous nous arrêtons sur le marché de Alakamisyambohimaha car c’est aujourd’hui, jeudi, jour de marché. C’est à 5 km de Fianarantsoa mais les gens viennent depuis cette vile en taxi-brousse pour vendre.

taxi brousse

Sur la route

Nous faisons une pause à Fianarantsoa, le temps de déjeuner au restaurant de l’aéroport qui ne reçoit plus que de rares avions privés.
Petite anecdote. A 35 km avant Amabalavoa nous voyons la colline qui figurait sur les billets de 200 Ar avant que Ravalomanana n’y apporte une modification.
Et toujours ces sourires d’enfants croisés le temps fugitif d’une pause

RA

Cette particule m’intriguait vu le nombre de noms qui commençaient ainsi RAvalomanana, RAtsiraka, RAjoelina, …. Elle désigne une personne qui atteint l’age adulte.

20 Avril 2011 : Promenade Zafimaniry

Fredier a créé une association et c’est jusqu’au village qu’il veut aider avec cette association que nous allons grimper.
Le chemin est rude sous le soleil et il faut les dons d’une chèvre pour suivre les chemins qu’empruntent chaque jour des villageois

Sous le soleil à Ambositra


Dans les collines à Ambositra


Certaines « rues » d’Ambositra qui mènent vers la campagne puis les chemins qui montent vers le village sont creusés dans la terre rouge ou faits de pierres.
Nous passons près d’une maison en construction et nous en profitons pour améliorer nos connaissances. Les murs sont faits de paille, de terre et d’eau. Jadis on utilisait de l’œuf pour lier, ce qui était plus costaud mais c’est devenu hors de prix. Et la construction se fait par couches successives entre lesquelles on laisse des temps de séchage.

L’école

Nous pénétrons dans une bâtisse au sol de terre battue totalement vide. Fredier nous explique qu’il s’agit de la future école, projet pour lequel ils ont besoin de 80000 Ar afin de finir les « locaux » (ciment au sol, enduit au murs, bancs et chaises, …).

L'école

Ça servira :

  • le matin pour les 123 enfants du village (123 enfants pour seulement 8 maisons !!!) : certains enfants qui vont au collège y feront l’école aux plus petits
  • l’après midi pour les mères : d’autres femmes viendront leur apprendre certains travaux générateurs de revenus ; ainsi elles apprendront à « finir » les chapeaux que pour l’instant elles livrent sans finition à Ambositra et ainsi elles les vendront un meilleur prix ; il est prévu que la femme de Fredier, brodeuse locale de notoriété, vienne leur apprendre la broderie

La vie de nos hôtes

Puis nous nous dirigeons à quelques mètres, vers une maison dans laquelle nous allons déjeuner.
Dans la cour, sous les yeux curieux des enfants, nous assistons à un démonstration par une fillette du pilage du riz. Ensuite elle me fait cadeau de ce riz : c’est un des plus beaux cadeaux que j’ai jamais reçus :-). Cette petite fille doit chaque jour piler le riz pour les repas (ils en mangent 3 fois par jour), aller chercher l’eau à 2 km plus haut, faire les repas, entretenir la maison et s’occuper des petits frères et sœurs pendant que père et mère travaillent aux champs.

Quand mes deux enfants découvriront que cette petite n’a que 11 ans, ce sera le plus grand des silences : ils découvrent un autre monde !

Le repas

Nous escaladons une échelle de bois pour atteindre le 1er étage. Une première pièce minuscule avec une femme et un enfant devant un foyer allumé, et nous atteignons une deuxième pièce un peu plus grande de forme carrée avec elle aussi un foyer.

le foyer


Normalement la première pièce est une cuisine et la deuxième sert de chambre et de pièce de réception, mais un problème familial a poussé à héberger cette femme seule, transformant la minuscule cuisine en maison pour elle.
Nous déjeunons de riz, de pois (hum délicieux !), de zébus en sauce (spécialement parce que nous sommes là !)

le repas


Mes deux garçons sont tous yeux et toutes oreilles. C’est rare qu’ils soient si silencieux !

le repas pour David


le repas pour Pierre


tout en discutant de l’organisation d’une maison des Hauts Plateaux. La répartition entre les 4 points cardinaux est très précise, notamment le coin des ancêtre à l’Est.

plan maison hauts plateaux


Nous abordons également le 2eme projet de Fredier : amener l’eau au centre du village. Le projet de l’association est de faire venir l’eau depuis la source qui est à 2 km au dessus du village par des tuyaux enterrés dans un double réservoir, ce qui se chiffre selon leurs calculs à 39 millions d’Ar. Ca m’intéresse beaucoup : d’une part je trouve leurs chiffres étranges et donc à revoir, et je me pose des questions sur le réservoir et la qualité de l’eau stockée. Donc à suivre de retour en France.
Et c’est déjà l’heure du retour.

la séparation


Pour faire plus court, nous passons comme les villageois à travers les rizières mais il faut être un vrai chamois et pas un seul de nous 4 n’échappera à la joie de se retrouver avec au moins un pied dans la rizière qui à cette époque est en eau !

retour dans les rizières d'Ambositra


A quelques rues de l’hôtel, nous passons par l’atelier de broderie de l’épouse de Fredier. Elle brode avec du coton DMC d’excellente qualité et tient ce talent de sa grand mère.

la brodeuse à Ambositra


Nous avons avec Fredier une discussion sur la possibilité de créer un site, un blog ou une petite boutique sur EBay pour exporter ces magnifiques ouvrages. J’en achète un pour 20 000 Ar (à peine plus de 7 € !!!)