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4 MAI : Moramanga

Moramanga signifie « là où les mangues ne sont pas chères » !
Alors que nous prenons la direction immédiate du Musée de la gendarmerie, nous navigons à travers les pousse-pousse,

nous nous faufilons entre les étals de lits et autres meubles en bois (il y a une importante industrie de menuiserie à Moramanga)

et voici une curiosité

une borne sur un trottoir en pleine ville


Musée de la gendarmerie

Nous voici au musée, implanté dans l’enceinte même de l’École Supérieure de la Gendarmerie Nationale de Moramanga

Moramanga fut l’épicentre des événements de 1947 qui ont ensanglanté Madagascar et provoqué d’innombrables drames et déchirures. Des stèles et autres monuments en perpétuent les souvenirs. Le 29 mars 1947, le camp militaire français de Moramanga était attaqué par des Malgaches. Cela entraîna la plus sanglante des répressions que la Grande île de l’océan Indien n’ait jamais connue. De nombreuses questions sont toujours sans réponse malgré la prescription dépassée de 50 ans.
Les parties militaire et policière prennent dans ce musée un aspect culturel et nous y avons croisé un groupe d’écoliers

Historique de la Gendarmerie


Ce musée retrace l’historique de la Gendarmerie à Madagascar depuis le recrutement des premiers miliciens en 1895 sous l’autorité du protectorat français jusqu’à nos jours. On admire une collection très complète d’uniformes qui couvre l’époque des premiers miliciens jusqu’à nos jours. De nombreux documents iconographiques (photos) illustrent la royauté et la vie du peuple malgache au 19e
Une partie est spécialisée dans l’immortalisation, à travers des photos d’archives et autres documents s’y rapportant de l’insurrection de 1947 (affiches, articles de presse , divers objets)

J’ai regrétté que tous les textes ne soient qu’en malgache

Activités et armement de la gendarmerie


Les résultats de l’activité de la Gendarmerie sont concrétisés par une multitude d’objets saisis au cours de nombreuses missions : cela va des faux billets de banque aux armes de toute espèce, en passant par les plantes vénéneuses et les colifichets à canon basculant et de fabrication locale qui fonctionnent !!!. Les pièces à conviction sont passionnantes : poissons venimeux et poisons, os de dinosaure, produits de magie et d’alchimie, filtres « pour attirer l’amour de l’homme, de la femme », statues et amulettes sacrées, animaux empaillés, objets de culte du tromba. Les vols de zébus font l’objet de statistiques commentées année après année. Sont exposés les masques effrayants que portent les voleurs de zébus pour terroriser les villageois en pleine nuit, des sagaies et des amulettes protectrices ainsi que « divers articles de sorcellerie », comme le dit l’étiquette apposée sur la vitrine. Plus loin les différentes drogues et substances hallucinogènes produites à Madagascar et interdites par la loi, dont le fameux rongony (cannabis).
Et le guide s’amusait beaucoup de certains objets mais, tout comme Bodo, semblait craindre certaines potions ou magies.
La dotation de matériels et d’équipements des gendarmes en mission est bien représentée. Dans l’armement léger et individuel, s’expose un siècle d’armements, depuis les épées de la fin du 19e aux fusils mitrailleurs AK 47 Kalachnikov, avec quelques pièces sont rarissimes tels que le fusil de rempart et la mitrailleuse « Gardener’s patent » encore opérationnelle. On y trouve aussi toutes les armes d’épaule, Lebel Berthier, MAS 36, Thomson,… sans oublier l’inévitable « Kalachnikov » et autres armes de poing 1873, Rubis, MAB, Colt 1911, etc.

L’Allée des canons


Elle représente une belle collection de canons dont les plus anciens datent de l’époque de RADAMA Ier (1822 – 1827), cadeau de la royauté britannique à la royauté malgache.

Quelques pièces ont été fondues par Jean LABORDE sous le règne de RANAVALONA I (1828 – 1861).  L’artillerie récente est représentée par plusieurs exemplaires, parfaitement conservés, du célèbre canon français de 75mm datant de 1928 aux mortiers de 20mm fabriqués en 1944.

La rétrospective des moyens de transports

Les régions montagneuses, la boue en saison de pluies, les maladies tropicales rendent très difficile l’élevage des chevaux, firent la part belle aux « Filanjana » pendant de nombreuses années.
Voici comment un voyageur parle de ce moyen de transport

CATAT Louis (1890) dans « Voyage à Madagascar ». Pour porter le filanjana, quatre hommes, placés deux en avant et deux en arrière, prennent un brancard chacun sur la même épaule et marchent d’un pas cadencé ; celui de chaque rang qui a la tête engagée dans l’intérieur des brancards tient fortement le poignet de son compagnon en lui passant le bras sous le coude ; les borizano se soutiennent ainsi mutuellement et se prêtent un point d’appui réciproque. La vitesse moyenne des porteurs de filanjana est, en terrain peu accidenté, de 5 à 6 kilomètres à l’heure ; elle peut augmenter dans de notables proportions, surtout pour les petits trajets, où les borizano courent dès qu’ils en trouvent l’occasion, et souvent avec une vitesse telle que le voyageur n’est pas sans éprouver quelques appréhensions en songeant aux conséquences possibles d’un faux pas malencontreux. À de fréquents intervalles, et sur un signal convenu, les porteurs changent d’épaule en faisant passer les brancards au-dessus de leur tête ; le mouvement est exécuté sans arrêt. Dans les grands trajets, lorsque des hommes de rechange sont nécessaires, les borizano inoccupés trottinent devant le fitakonana, et après avoir parcouru une petite distance s’arrêtent pour saisir au passage les brancards lancés avec violence par les camarades qu’ils viennent remplacer. Cette manoeuvre, qui se fait sans diminuer la vitesse et sans changer l’allure, occasionne au voyageur de violentes secousses, lorsque les porteurs se laissent entraîner dans une course folle, ou qu’un maladroit ne saisit pas le brancard qui lui est lancé. Le filanjana est un siège peu confortable ; néanmoins ce mode de locomotion semble, dans le principe, commode, sinon très agréable, et avec un peu d’habitude on admet très vite cette façon de voyager. »

Il s’agit donc des chaises à porteurs des colons.

Les charrettes « Lefebvre » trop lourdes se révélèrent inadaptées. Vinrent ensuite quelques voitures hippomobiles et enfin les voitures automobiles. La collection de véhicules comprend des vieux taxis-brousses,

d’anciens modèles de voitures Renault, Peugeot, Berliet, des motos du début du siècle, du matériel de pompiers …

Le Wagon Moramanga

Nous rejoignons le groupe d’écolier devant la reconstitution du « Wagon Moramanga » Un wagon de marchandises de la compagnie des chemins de fer malgache. Ce wagon est identique à ceux qui furent utilisés pendant les dramatiques évènements de 1947, où plusieurs dizaines de « révoltes » arrêtés dans les environs, furent assassinés par les forces de l’ordre de l’époque…

En ville

Un petit tour que vous connaissez bien : le marché !




avant de partir vers le centre ville
Le long de la rue, sur le trottoir et débordant souvent sur la rue, une multitude d’échoppes

le boucher



de délicieux beignets


et s'abreuver de café


Patrice se laisse tenter par une serpette, outil très répandu et qui semble très efficace

que le marchand enveloppe très précautionneusement

Et finalement nous ne résistons plus à l’appel de notre estomac

a l'assaut des bonnes choses


mais que le choix est difficile


Sur cette charrette, des panières tressées pleines de … impossible de savoir car la marchandise est soigneusement protégée par des feuilles

Nous en avons souvent croisé sur les camions ou elles s’entassent par centaines ou sur les bord des routes
Nous repartons vers la voiture pour continuer notre route vers Mantasoa mais je fais une pause pour admirer le monument moderne qui commémore le 29/03/1947 en plein milieu d’un carrefour très animé

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